St Ignace

St Ignace – 31 juillet

Homélie à N.D. des Vernettes sur Saint Ignace de Loyola
Aujourd’hui, 31 juillet, nous fêtons saint Ignace, un saint que j’aime particulièrement.
Il était d’origine basque, ce pays dont les habitants sont aussi coriaces et têtus que les habitants de la Savoie, en particulier de la Haute-Tarentaise.
Son caractère, son entêtement, lui ont permis d’accomplir de grandes œuvres dans sa vie. Et nous pouvons déjà tirer un premier enseignement : il faut de la volonté pour avancer dans la vie. Dans la vie tout court, mais en particulier dans la vie spirituelle.
Il est né en 1491. Il est rapidement devenu chevalier, avec des rêves d’exploits militaires, mais aussi de conquêtes féminines, domaine dans lequel il a eu un certain succès.
Alors qu’il défendait le château de Pampelune, assiégé par les Français, il a reçu un boulet de canon qui l’a grièvement blessé. D’ailleurs, il est resté boiteux toute sa vie.
Il a dû rentrer au château familial. Il aurait souhaité lire des récits de chevalerie, qui correspondaient à sa sensibilité de l’époque. Mais à la maison, il n’y avait que des livres pieux. Il s’est donc contenté de deux ouvrages en particulier : La Légende dorée de Jacques de Voragine et la Vie du Christ de Ludolfe le Saxon.
Ces deux livres ont profondément marqué cette personnalité tournée vers les idéaux chevaleresques. Peu à peu est née en lui la conviction que le seul Seigneur qui valait vraiment la peine d’être suivi, c’était Jésus-Christ. Voilà le deuxième enseignement que nous pouvons retenir aujourd’hui.
Ensuite, il souhaitait s’embarquer pour l’Italie. Mais, à cause d’une épidémie de peste, il a dû s’arrêter à Manrèse.
Il a vécu une longue période de méditation et d’isolement. C’est alors qu’il a commencé à écrire ce qui deviendra plus tard les Exercices spirituels.
Et là, nous trouvons un troisième enseignement : nous aussi, nous avons besoin, de temps en temps, de nous isoler, de méditer, en particulier sur la Parole de Dieu, lorsque nous devons prendre des décisions… mais pas seulement.
Par la suite, il a pu rejoindre la Terre Sainte. Il aurait voulu s’y établir, mais les franciscains qui en avaient la garde l’en ont dissuadé, estimant qu’il n’avait pas encore une formation théologique suffisante.
Alors Inigo, comme on l’appelait encore à cette époque, est retourné en Europe. Il a commencé des études, d’abord en Espagne, puis à Paris.
C’est à Paris qu’il a rencontré ses premiers compagnons, entre autres François Xavier et Pierre Favre, savoyard de la Haute Savoie.
Nous pouvons en tirer un quatrième enseignement : l’importance de travailler en équipe.
Si, pour une personnalité aussi forte et indépendante qu’Ignace, il était indispensable de ne pas rester seul, alors cela l’est encore davantage pour nous.
Profitons donc de nos communautés pour prier et partager avec les autres. Il y a des temps de prière, comme le chapelet ou l’adoration eucharistique dans nos paroisses. Il y a aussi des groupes bibliques et d’autres lieux de partage, où nous pouvons nous soutenir mutuellement et accepter de nous laisser aider par les autres.
Enfin, l’une des caractéristiques de la Compagnie de Jésus, fondée par Ignace, est son obéissance au pape.
Lorsque Ignace s’est présenté au pape en lui exposant son projet de retourner à Jérusalem, celui-ci lui a répondu : « Pourquoi aller à Jérusalem ? Pour porter du fruit dans l’Église, l’Italie est une bonne Jérusalem. »
Cela peut constituer notre cinquième enseignement : là où nous sommes, c’est le bon endroit pour vivre l’Évangile et annoncer notre foi.
Amen.

Une agréable lecture complémentaire : Inigo de François Sureau

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