Le trésor caché dans un champ

J’aime bien cette histoire de l’Évangile.
Il y a cet homme qui, à un moment donné, traverse un champ. Il ne cherche pas forcément quelque chose.
Et puis voilà qu’il trébuche sur un trésor.
C’était peut-être un coffre enfoui dans la terre.
En tout cas, il comprend qu’il a trouvé quelque chose d’inestimable.

Alors il se renseigne. Il cherche à savoir à qui appartient ce terrain. Et il achète tout le champ. Mais j’imagine qu’en revenant sur son terrain, il découvre quelque chose qu’il n’avait pas vu la première fois.
Il ne trouve pas seulement le trésor.
Il découvre aussi tout le reste.
Il y a des fleurs magnifiques.
Il y a des buissons.
Il y a des épines.
Il y a des mauvaises herbes.
Il y a des insectes.
Peut-être même un sanglier qui n’aime pas beaucoup la présence humaine, quelques crapauds… Bref, il y a tout ce qui fait un champ.

Quand nous faisons un choix important dans notre vie, nous avons parfois l’impression d’acquérir un trésor. Mais, en réalité, nous achetons aussi tout le champ, tout le lot.

Prenons l’exemple du mariage.
On rencontre un homme ou une femme.
On tombe amoureux. On voit le trésor. Et c’est normal.
Mais avec le temps, on découvre aussi tout ce qu’il y a autour : un caractère pas toujours agréable, les fragilités, les blessures, les habitudes qui nous agacent parfois.
On n’a pas perdu le trésor.
Simplement, on découvre le champ tout entier.

C’est pareil lorsqu’on change de travail.
On rêve d’une meilleure situation, d’une ambiance plus agréable, de relations plus simples.
Et puis on arrive, et l’on découvre qu’il y a aussi des contraintes, des difficultés, des collègues compliqués, des imprévus.
Le trésor est bien là, mais il est accompagné de tout le reste.

C’est vrai aussi dans l’amitié. Une belle amitié est un trésor. Mais une amitié demande aussi de la patience, du pardon, de la fidélité. Là encore, on accueille le champ avec le trésor.

Et je crois que cette parabole nous aide beaucoup à comprendre ce qu’est l’Église.
Nous découvrons Jésus-Christ. Lui, c’est le véritable trésor.
Et parce que nous l’avons trouvé, nous entrons dans une communauté, nous devenons membres de son Église.
Seulement, assez vite, nous nous apercevons que, dans ce champ qu’est l’Église, il y a de magnifiques fleurs. Il y a des personnes dont la foi nous édifie, des personnes généreuses, discrètes, saintes. Et c’est la majorité, Dieu merci !
Mais il y a aussi des épines. Il y a des mauvaises herbes.
Il y a quelques crapauds, des spécialistes de la plainte.
Vous les avez peut-être entendu :
« L’Église ne fait pas ce qui est bien ! C’est-à-dire : ce que j’ai décidé, moi, qu’il faut faire. »
« Nous n’avons pas de berger ! »
« Il y a quelques moutons tarés, ou je me trompe ? »


Il y a des personnes qui nous déçoivent, des tensions, des limites, parce que l’Église est faite d’hommes et de femmes qui sont encore en chemin.
Et si nous oublions où est le trésor, nous risquons de ne regarder que les mauvaises herbes et les crapauds.
Le Seigneur ne nous a jamais promis un champ sans épines.
Il nous a promis un trésor. Et ce trésor vaut tellement la peine que l’on accepte d’acheter tout le champ.
Peut-être est-ce une question que nous pouvons nous poser : dans ma vie, qu’est-ce que je regarde le plus ? Les épines ou le trésor, qui est le Christ ?
Et, autour de ce trésor, je suis capable de voir les fleures, les magnifiques bouquets de fleures qui l’entourent ?
Père Mario

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