Assomption

Une brève histoire – homélie du 15 août 2026

L’Assomption de Pierre-Paul Prud’hon
Deux conceptions se sont développées au Moyen Âge.

Depuis le 6e siècle l’empereur byzantin Maurice en fait une de douze grandes fêtes de l’Église orthodoxe le 15 août.
Pour les Églises orientales, si on parle bien de sa montée au ciel, corps et esprit, on insiste sur l’humanité de Marie et sur la réalité de sa mort, car, par sa nature humaine, elle est corrompue.
À la fin du Moyen Âge, il y a des Églises occidentales qui célèbrent encore cette « dormition ».
La tenture de la vie de la Vierge, conservée dans la collégiale de Beaune, en fait un épisode essentiel de toute épopée mariale : une femme âgée, les mains jointes, entourée de douze apôtres, se prépare à mourir.

En Occident, l’Assomption est fêtée grâce au pape Théodore depuis le 8e siècle.
Mais en Occident on met l’accent pas sur le décès mais sur l’élévation au ciel, l’assomption venant du latin « assumere », qui signifie « prendre » ou « enlever ».
Si, à la fin de sa vie, Luther prêche contre cette fête, considérée comme une offense à l’ascension du Christ et une invention, à contrario, elle devient un élément de l’identité catholique.
Dans un livre de 1724, le père Avrillon considère cette fête comme une série de sept triomphes :

  1. triomphe de l’amour de Jésus pour Marie,
  2. de l’amour de Marie pour Jésus,
  3. de sa divine maternité,
  4. de sa grâce,
  5. de sa souffrance,
  6. de sa pureté,
  7. de son humilité.

Pour cet auteur, le 15 août est donc,  » l’heureux jour du triomphe le plus auguste, le plus brillant, le plus parfait, que Dieu ait jamais accordé à aucune créature mortelle « .
Dans un autre ouvrage de 1785, le même auteur développe l’idée autrement. Il montre les trois bonheurs dont a joui Marie :

  1. Les anges l’exaltent.
  2. Son fils adorable l’a reçu.
  3. La Sainte Trinité, la couronne.

Intéressants les proverbes liés à la mi-août qui est un moment crucial dans l’économie domestique :

Avant la bonne-dame, tu peux labourer quand tu veux ;
Après la bonne-dame, tu laboures quand tu peux.

S’il pleut pour l’assomption, tout va en perdition.

En France, la ferveur populaire se double d’une dimension politique.

Le 10 février 1638, Louis XIII a en effet décidé d’honorer Marie :
 » En sa protection nous mettons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et tous nos sujets. « 
Il choisit la date du 15 août pour célébrer son vœu par des processions organisées dans toutes les paroisses.

En 1854, lors de la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception, s’exerce une forte pression sur le pape pour qu’il définisse aussi celui de l’Assomption.
En un siècle – environ de 1850 à 1950 – Rome aurait reçu 8 millions de lettres des fidèles, les pétitions des 1332 évêques et de 83 000 prêtres aux religieux en faveur de la reconnaissance de l’Assomption.
L’Assomption devient un dogme le 1er novembre 1950 : n’ayant commis aucun péché, Marie est directement montée au paradis, avec son âme et son corps, ce qui est rappelé par une constitution dogmatique du Vatican II, Lumen Gentium de 1964.

Source principale : AAVV, Dictionnaire Historique de la Vierge Marie, éd. Perrin 2017

Dans l’Église catholique, un dogme est une vérité de foi que l’Église enseigne comme révélée par Dieu et que les fidèles sont tenus de croire.
Autrement dit, un dogme n’est pas simplement une opinion ou une règle créée par l’Église : il concerne une vérité considérée comme faisant partie de la Révélation divine.
Par exemple, quand on nous dit que le gouvernement Macron se porte bien, nous ne sommes pas obligés de le croire ….
Autre exemple : le dogme de l’Immaculée Conception affirme que Marie, dès le premier instant de sa conception, a été préservée du péché originel.

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