Sans triomphe ni miracle

Méditation de mardi 18 août

« Reine des cieux, très glorieuse mère de Dieu, nouvelle Eve, mère de l’Église …», c’est sous des titres rayonnants que les fidèles invoquent la Vierge Marie. Une tradition ancienne les invite à célébrer les événements solennels qui scandent sa vie : l’Immaculée Conception, la présentation au Temple, la dormition, l’assomption. Ainsi en dispose la foi de l’Église.
Mais si nous considérons les seuls évangiles, ce faste s’estompe. On y surprend une jeune fille très simplement nommée Marie, ou « épouse de Joseph », ou « mère de Jésus », du pur état civil en somme, et quand elle se désigne elle-même, c’est à deux reprises pour se traiter de « servante » : dépourvue des enluminures de la piété, elle vient à nous sans redouter d’être pauvre.
C’est cette figure-là que salue Bernanos : « Mais remarque bien maintenant, petit : la Sainte Vierge n’a eu ni triomphe ni miracle. Son fils n’a pas permis que la gloire humaine l’effleurât (…)
Personne n’a vécu, n’a souffert, n’est mort aussi simplement et dans l’ignorance aussi profonde de sa propre dignité, d’une dignité qui la met pourtant au-dessus des anges. » Pauvre sa vie, pauvres les mots qui la racontent, mais en cette pauvreté elle semble apercevoir mieux que gloire et fortune, puisqu’elle s’écrie, radieuse : « Le Seigneur a fait pour moi de grandes choses. »
En presque toute la durée de sa vie, ne l’oublions pas, Jésus a vécu dans son foyer, sans doute auprès de ses parents, et comme n’importe quel Nazaréen. C’est cet homme ordinaire, peut-être meilleur qu’un autre, mais longtemps non miraculeux que Marie a préféré à toutes les grandeurs visibles. Non miraculeux, sauf pour elle. Toute mère comprendra. L’enfant sorti de ses flancs est le plus beau du monde, et le monde autour de lui s’adoucit en forme de berceau, subitement incliné vers tant de grâces apparues. Puissance éternelle de l’amour …
Tel est le grand secret qui ennoblit son attente. Aimer, c’est toujours attendre, et déceler, sous l’humble apparence, la grandeur suprême d’un homme. Le plus haut verbe retentit dans la plus dénuée des créatures.
C’est à Jean, non à Pierre, que Jésus, sur la Croix, remet sa mère. Pierre a fui, direz-vous. Cherchons une autre explication. Pierre est le bâtisseur, Jean le contemplatif. C’est le disciple qui « demeure », immobile au cœur de sa méditation, tandis que l’apôtre infatigable court la poste et lève les consciences. Jean est spirituellement le parent de Marie, qui garde comme lui « toutes choses en son cœur », et, la nuit, capte l’aube insaisissable…. Ils ont tous deux le courage d’être là, au pied de la Croix, unis par l’espérance qui résiste aux dérisions de l’échec. Même là, ces cœurs limpides entendent respirer Dieu.

Marie France Quéré

Senza trionfo né miracoli

Meditazione di martedi 18 agosto

«Regina dei cieli, gloriosissima Madre di Dio, nuova Eva, Madre della Chiesa…»: è con questi titoli splendidi che i fedeli invocano la Vergine Maria. Un’antica tradizione li invita a celebrare gli eventi solenni che scandiscono la sua vita: l’Immacolata Concezione, la Presentazione al Tempio, la Dormizione, l’Assunzione. Così dispone la fede della Chiesa.
Ma se consideriamo soltanto i Vangeli, questo splendore si attenua. Vi incontriamo una giovane donna semplicemente chiamata Maria, oppure «moglie di Giuseppe», oppure «madre di Gesù»: in fondo, semplici indicazioni anagrafiche; e quando lei stessa si definisce, lo fa per due volte chiamandosi «serva»: priva delle lumeggiature della devozione, viene a noi senza temere di apparire povera.
È proprio questa figura che Bernanos descrive: «Ma osserva bene ora, piccolo mio: la Santa Vergine non ha avuto né trionfo né miracoli. Suo figlio non ha permesso che la gloria umana la sfiorasse (…) Nessuno ha vissuto, ha sofferto, è morto con tanta semplicità e in una così profonda ignoranza della propria dignità, di una dignità che tuttavia la pone al di sopra degli angeli.»
Povera la sua vita, povere le parole che la raccontano, ma proprio in questa povertà ella sembra scorgere qualcosa di più grande della gloria e della fortuna, poiché esclama, raggiante: «Il Signore ha fatto per me grandi cose.»
Per quasi tutta la durata della sua vita, non dimentichiamolo, Gesù visse nella sua casa, probabilmente accanto ai suoi genitori, e come un qualunque abitante di Nazaret. È quest’uomo ordinario, forse migliore degli altri, ma a lungo privo di miracoli, che Maria ha preferito a tutte le grandezze visibili. Non miracoloso, se non per lei. Ogni madre lo comprenderà. Il bambino uscito dal suo grembo è il più bello del mondo…. Potenza eterna dell’amore…
Questo è il grande segreto che nobilita la sua attesa. Amare significa sempre aspettare e scoprire, sotto l’apparenza umile, la grandezza suprema di un uomo. Il verbo più eccelso risuona nella più umile delle creature.
È a Giovanni, non a Pietro, che Gesù, sulla Croce, affida sua madre. Pietro è fuggito, direte voi. Cerchiamo un’altra spiegazione. Pietro è il costruttore, Giovanni il contemplativo. È il discepolo che «rimane», immobile nella sua meditazione, mentre l’apostolo instancabile corre da un luogo all’altro e risveglia le coscienze. Giovanni è spiritualmente affine a Maria, che come lei «conserva ogni cosa nel suo cuore» e, nella notte, percepisce l’alba inafferrabile… Entrambi hanno il coraggio di stare lì, ai piedi della Croce, uniti dalla speranza che resiste alle derisioni del fallimento. Anche lì, quei cuori limpidi sentono Dio respirare.

Marie France Quéré